Com’interperso : Scat/impro

Du SCAT pour communiquer

Le Scat, une expression vocale improvisée, posée sur un rythme et une mélodie, pour faciliter l’expression orale et la communication interpersonnelle ?

C’est un pari né d’une réflexion menée par le GAP ESC.

Après quatre séances de TD à l’ENSFEA, deux séances au lycée agricole de Valabres en BTS, et deux autres en animation et en bac pro au lycée agricole de Dignes, cette page propose une modalité didactique pour une approche sensible et créative de la communication interpersonnelle : le SCAT.

Le scat est initialement une expression née avec le jazz, dans les années 1920, donc pas forcément très actuelle, mais ce genre a un avantage : c’est assez ludique, et ça suppose d’écouter l’autre et de calibrer son chant ou ses onomatopées en interaction avec l’autre ou les autres, entre élèves comme avec des musiciens.

Comme l’explique une page de francemusique.fr, « C’est quoi, le scat ? » :

« Qui n’a pas déjà laissé échapper un petit Wap Wap A Doo Wa ou Bi Bi Dou Wa, comme ça, pour le plaisir ? Si vous pensez que cela n’a aucun sens, détrompez-vous…

« Qu’est-ce que c’est, le scat ? Tout simplement l’art de chanter sans parole. Et il n’y a pas que les chats de gouttière d’un célèbre dessin animé qui en maîtrisent la technique, mais aussi Louis Armstrong, Cab Calloway, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Melody Gardot… bref, les plus grands noms du jazz.

« En quoi le scat est-il différent de tous les la la la et da be di da be da que nous entonnons lorsque nous ne ne connaissons pas les paroles d’une chanson ? Parce qu’il est improvisé et que, par conséquent, il requiert de l’anticipation, du travail, du feeling, du swing… Scater n’est pas chanter de manière passive. »

En complément du scat, on peut proposer de varier l’expression par un travail vocal des vibes, ces modulations sur deux ou trois notes qui sont fréquentes dans les interprétations des musiques actuelles, enfin des phrases chantées, ce qui là encore vient des modes vocaux afro-américains, jazz, blues et gospel.

Références : jazz, rap et jeux vidéo

Aux origines…

On raconte que c’est Louis Armstrong qui enregistra pour la première fois un scat dans Heebie Jeebies (1926)… mais qui sait si ça n’existait pas déjà avant ? Une version primitive du scat se rencontre aussi chez Jelly Roll Morton, qui prétendait avoir inventé le jazz, et avait eu recours à de riants effets vocaux comparables, dans Hyena Stomp (1927). En tout cas, le genre va évoluer et se populariser, comme le montrent les vidéos liées aux noms des artistes cités.

De nos jours, Stan Laferrière y consacre quelques unes de ses master-class :

Il s’agit donc d’une forme d’expression vocale assez spécifique au monde du jazz, développée initialement par des interprètes comme Cab CallowaySarah Vaughan, Ivie Anderson dans une scène du film des Marx Brothers Un jour aux courses (Sam Wood, 1937), ou encore Louis Armstrong en 1933 (puis par sa vocaliste Jewel Brown), et naturellement Ella Fiztgerald, qui a adapté ce style à la samba et la bossa nova dans les années 1960.

Puis le rock n’ roll a repris le scat à son compte, notamment The Flamingos dans Jump children (1959), avec un contest dansé qui préfigure les dance crews du hip-hop. Et même le chanteur français Michel Jonasz :

Quant à savoir si le scat peut être une modalité de dialogue entre individus, Ella Fitzgeralz et Mel Torme puis Key & Peele l’ont prouvé sur scène, et aussi Bobby McFerrin ou Esperanza Spalding.

Sur la scène contemporaine, jusqu’au rap…

Mais ces références sont généralement bien loin de celles des apprenants des années 2020, et on retrouve aussi aujourd’hui le scat dans des interprétations de Beyoncé, Caravan Palace, Lady Gaga, mais là encore, dans l’esprit, that’s jazz! Comme parfois Michel Jonasz.

Plus décalé, dans le monde du rap, on s’adonne aussi au scat, plutôt classiquement comme MC Quakez, ou par héritage plus lointain avec les Fat Boys qui mêlent rap et beat box, ou encore en mêlant les styles comme Janice Misurell-Mitchell dans Scat/Rap Counterpoint (1993, video 1995), tous n’étant jamais très loin du scat d’origine.

Revenons sur l’utilisation souhaitable de variations diverses en complément, comme les vibes, ces modulations par une altération rythmée sur deux ou trois notes d’une première note définie, dont on trouve trace chez Amy Winehouse qui en était une grande spécialiste, ou chez Adele.

Revenons aux jeux de communication, si vous doutez encore, avec une autre expérimentation vocale, par Key & Peele.

A ce jeu d’appel/réponse est aussi un classique de l’échange entre les chanteurs jazz et leur publique, comme a pu le développer Cab Calloway dans son Hi-de-Ho, depuis le film éponyme (Josh Binney, 1947) depuis jusque dans le film The Blues Brothers (John Landis, 1980), et c’est là une pratique que Beyoncé a pu réutiliser à l’occasion tout en reconnaissant ses sources.

Bref, le scat, c’est un jeu d’enfant… as when Brooklin Fisher scats Amy Winehouse!

En s’inspirant des jeux vidéo…
Le Champs culturels #30 (consacré aux pratiques sociales et culturelles des jeunes des lycées agricoles) indique que le jazz fait plutôt fuir les élèves. Mais pas le jeu vidéo !
Simon Fransman a trouvé une solution, alliant les deux, en bidouillant et samplant vieux tubes et création personnelle sur un fond d’animation :

Propositions pédagogiques

Communication interpersonnelle, improvisation, scat et work song : le jazz vocal en éducation socio-culturelle

  • 1ère proposition : autour du « scat », sur une séance de deux heures, plusieurs temps peuvent se succéder…
  1.  Échauffement corporel
  2.  dévérouiller la voix
  3.  utiliser les croches en jazz pour swinguer
  4.  le scat, jazz sans les paroles
  5.  les « vibes » façon gospel
  6.  improviser à plusieurs
  7.  Débat et bilan.

Téléchargez la fiche proposée, qui détaille divers exercices et propose un choix d’hyperliens vers des vidéos à utiliser pour guider les exercices vocaux, donner des exemples et proposer des alternatives.

Quelques pistes bibliographiques complètent cette fiche.

Variante : des outils comme instruments (et plein d’autres variantes dans la sous-page accessible par l’onglet Commentaires)…

  • 2ème proposition : Work song, rythme, musique et communication avec des outils de chantier paysager sur deux séances.

Au lycée de Valabres, des BTS ont expérimenté une performance d’improvisation en jouant de leurs outils de chantiers sur des rythmes de jazz, dans une version inspiré d’un work song.

Une première partie est jouée collectivement, en rythme avec un jeu d’appel/réponses, puis une seconde partie permet des solos, dans un esprit d’appel/réponse, comme les esclaves noirs américains pouvaient le pratiquer dans les plantations (cf. Christian Béthune, 2019 : L’apothéose des vaincus, Philosophie et champ jazzistique. Toulouse : Presses universitaires du Midi).

Objectifs pédagogiques :

  • Développer une dynamique de groupe dans une séquence de (re)création collective mobilisant gestes et postures professionnels
  • Développer une écoute active et une conscience rythmique avec des intervenants artistiques
  • Intégrer des éléments de compréhension du jazz (des « work-songs » à l’improvisation)

Téléchargez la fiche Éléments pour une séquence pédagogique en mode performance (deux séances).

La référence proposée aux étudiants : un clip sur un titre de l’album de Jaimeo Brown, Transcendance / Be So Glad (Motema, 2016).

Une version originale de I Be So Glad When The Sun Goes Down  a été enregistrée par le musicologue Alan Lomax en 1959.

Pour aller plus loin, consultez la page consacrée à ce chant de travail sur le site Eduteque / Philharmonie de Paris.

Vidéos complémentaires pour contextualiser les work songs :

Commentaires

Issus des debriefings ayant suivi les séances de « scat » menée à l’ENSFEA en master 1 et 2 MEEF et en formation post concours, voici de nombreux commentaires d’étudiants et de profs-stagiaires, qui permettent de mettre en perspective et de dire d’autres possibilités, propositions didactiques et approches stylistiques. Une vidéo mettent en relation mime et expression jazz clôt cette sous-page.

Après que la dernière impro collective d’une des séances expérimentales ait abouti à une battle entre tenant-e-s d’une exclamation « Non-Non-Non » et tenant-e-s du « Si-Si-Si », permettant une belle libération des voix, une des participantes lance à une autre : « C’est ce qu’il faut que tu fasses, au BDE : un baptême de scat ! »… nous attirant une réponse de cette dernière où pointe son enthousiasme : « Moi qui ai jamais osé chanter ! On rechante, après ? ».

« Ce qui me pose problème, c’est la pratique du solo avec l’outil voix sans paroles. Ça demande au minimum d’être à l’aise sur le rythme et la mélodie, et c’est pas trop facilitant. Y’aurait du texte, limite, j’aurais préféré. Par rapport aux jeunes, j’envisagerais plus de la polyphonie ; cela dit, d’être seule, c’est une prise de risque, on est trop en danger, quoi. Nous en danger, alors qu’on est ESC, qu’on a une pratique artistique… alors ceux qui n’en ont pas du tout, heu… ! Pour moi, je les mettrais un peu à l’aise. Ou alors, partir sur le principe du volontariat. Pas obliger, partir sur le volontariat au fur et à mesure, comme là on a pu l’être au fur et à mesure. »

« Après, moi, l’outil jazz… tout va bien, hein ! Que ce soit du jazz, du chant grégorien… » / « Ah ? Du chant grégorien ? [Rire].) » / « Ouais, b’en tous les styles sont accessibles, une fois qu’on est dedans. Mais c’est vrai que nous avoir amené sur une période un peu plus moderne [après avoir scaté sur Sunny, par le groupe Boney M], on a senti tout de suite le feeling qui bascule, qui nous a plu, et c’est pas mal qu’il y ait aussi de l’histoire dans la musique, quoi. »

« A ce moment-là, on pourrait peut-être passer par des filtres, genre par un « voice coder » ou un truc comme ça, où finalement y’a un masque qui permet de masquer la voix et c’est peut-être plus facile à ce moment-là, et plus le transférer vers la musique électronique, vers quelque chose où on soit pas en solo, où on retravaille le son, et puis où on a différents filtres qui nous protègent, qui protègent les élèves. »

« Et puis même au niveau des musiques, les élèves, ils sont pas touchés, parce que c’est pas des musiques qu’ils écoutent, et qu’ils aiment, forcément. A moins de leur apprendre une musique qu’ils ont appris collectivement, et que là, on improvise tous ensemble, peut-être que là ça serait plus pertinent. Et puis même au niveau des références, on peut en parler d’Ella Fitzgerald et tout, mais y’a des nouveaux, tu parlais de Camille, c’est ça… l’improvisation qui très présente sur les réseaux, il y a Esperanza Spalding, Bobby McFerrin, plein de références, tout ça, on les voit qui tournent actuellement et ça pourrait être pas mal d’en parler. »

« Je pense que, ce qui serait pas mal, ce serait de bosser la rythmique, de tout faire passer par le corps plutôt que par la voix, en fait. […] je pense que d’avoir une cuillère et une fourchette, on serait beaucoup plus à l’aise… Y’a un truc culturel !  Les cuillères, c’est pas à prendre comme ça, c’est tapoter, apprendre un rythme binaire, un rythme ternaire, voire comment on peut faire des contretemps, les partager : on peut peut-être plus s’amuser. »

« Alors que faire du scat sans structure harmonique, je me sentirais beaucoup plus à l’aise. Donc je le verrais plus le faire avec les élèves en gardant un rythme, quoi, en tapant le rythme, ou en mettant un fond de rythme, une batterie, un truc, sur lequel avec le rythme on peut délirer avec la voix ; j’ai l’impression que s’il y a une structure harmonique derrière, moi, ça me bloque complètement. C’est peut-être plus facile de se lâcher juste sur une rythmique, et du coup observer l’interaction avec les gens pour se faire les questions-réponses etc. »

« Et moi, j’aurais peut-être aimé un module permettant de travailler d’abord l’interaction d’échange, juste par ce petit jeu [il tape dans ses mains] de faire passer un motif frappé, de le bloquer, de le renvoyer, de le faire sauter, travailler déjà l’écoute et… et comment ça bouge, dans la pièce. Et aussi : comment ; et là je pense que le jazz est intéressant, sur la forme du motif, comment une personne propose un motif, et après qu’il y ait une variation créative. »

« … pour travailler la com’ interpersonnelle… enfin, moi, je me suis beaucoup amusée, et j’ai un caractère où je m’amuse très vite… et je pense que dans toutes ces ces pratiques, que ce soit la peinture, la musique, etc., je crois qu’au-delà y’a la com’ interpersonnelle, mais y’a aussi un truc où j’ai l’impression qu’on leur apprend à lâcher prise, en fait, aux enfants, aux ados, et je trouve que c’est ça qui est très difficile parce qu’il y a des gens qui n’osent pas, et… le lâcher prise doit pas se faire sous la contrainte, en fait. C’est… ça me prose problème, moi, de… Vas-y lâche prise ! Ben non ! Et que, du coup, je me dis c’est peut-être… enfin, tout dépend comment est amenée cet atelier… ça passe peut-être avant par du théâtre, des choses où on pose la voix, peut-être que ça peut être très fun ; pourquoi absolument bloquer sur l’outil jazz ? »

« Hé ben moi… j’ai pris beaucoup de plaisir dans l’exercice, mais du coup, par contre, je me rends bien compte que c’est pas facile. J’ai vu aussi le groupe évoluer, et j’ai trouvé ça très chouette, les personnalités qui émergent, et puis qui arrivent quand même à faire l’exercice. Et je me suis dis aussi, en fait, ben c’est chouette quand même d’utiliser la voix, parce que tout le monde sait chanter ! Mais, effectivement, alors comment partager ça avec des élèves, heu… comment on dit ? Comment leur faire passer leurs limites, parce que moi j’imagine des classes, ben je les vois bien tous seuls au fond de la salle, collés au mur, est-ce qu’ils vont participer ? Et je trouve l’outil super intéressant, en plus j’ai l’impression qu’il y a moyen quand même de se caler sur la musique, même à contretemps, ça donne des trucs super chouettes. Et après, la question c’est comment les amener à lâcher-prise ? »

« Plutôt en petits groupes, en demi-groupe. »

« … enfin, je trouve ça chouette, qu’il y ait des jeunes qui soient observateurs et qui petit à petit, puissent… mais pour ça, il faut qu’ils aient du temps en fait. Qu’on leur laisse le temps à chacun de pouvoir s’exprimer à leur manière. Et après ce qui m’intéresse du coup, plus par la musique, c’est la question de la communication à travers le corps, moi je l’utiliserais plutôt comme ça, la musique, pour vraiment… pas tant la voix, mais aussi la manière de se mouvoir un peu, à travers la musique, d’essayer de… Parce que j’ai ces jeunes qui sont encore là très-très rigides, dans leurs épaules, dans tout, quoi, et je me dis, ça, ça serait vraiment intéressant à travailler. Mais encore une fois, de manière ultra-progressive, quand même, pour que ce soit… Enfin moi, je vois ça échelonné, et en respectant aussi les temporalités de chacun. »

« Faudrait peut-être leur laisser plusieurs modes d’expression, en fait. Sur une même grille, laisser la possibilité à ce qu’il y en ait un qui fasse du rythme, un qui fasse plus de la danse, un qui fasse un texte, un qui scate, un qui parle, un qui… je sais pas… Après, peut-être que ça limite le risque ! »

« Moi, je vais poser autre chose, c’est une question hyper-classique, mais… c’est l’esthétique qu’on leur propose, entre le jazz, la danse contemporaine, est-ce qu’on s’adapte à leurs goûts, ou est-ce qu’on prend le risque d’être en contradiction, et à devoir un peu faire des jeux d’épaules pour que ça puisse un peu passer les premières barrières ? Mais ça, je trouve que c’est un débat qui traverse… une question artistique. […] Mais ça, l’opéra, le jazz, ou certaines pratiques de danse, c’est vrai qu’il y a quand même, on va dire, 95% qui ont un avis de principe un peu de… Ben non ! Et puis ça, ben ça c’est notre problème, pas entièrement, mais bon… »

« Après, y’a un truc, en musique, en l’occurrence, c’est l’hybridation des thèmes et des musiques, enfin, ça a toujours existé, mais à un moment, si tu dis que tu aimes le rap, ben en fait, après avoir aimé le rap, tu vas leur faire découvrir plein de trucs. Alors généralement, c’est partir de ce qu’ils aiment, et puis à partir de là, ben en fait, oui, y’a Beyoncé qui prend un extrait de Keersmaeker, avec la même choré, un gros plagiat, exactement le même truc, en fait à travers Beyoncé, ben on va voir qu’il y a Keersmaeker, c’est ça qui fait… c’est l’attitude, c’est l’ambiance, quoi, et aujourd’hui, c’est un truc qu’ont fait plein d’artistes. »

« J’ai bloqué un peu au départ de l’impro, mais je l’ai dépassé sur la proposition de jouer les rythmes, claquements de mains, et bruitage vocal, et puis je m’en suis affranchie sur l’exercice d’alternance des solos faits de dos, donc sans public visible. »

« … ça fait du bien, ça change d’un cours général. On devrait faire des étirements et des échauffements chaque matinée, ça d’échauffer le corps et la vois. J’ai bien aimé la prise de risque, aussi, ça permet de se remettre en question.»

« Un ressenti très positif sur l’énergie circulant dans le groupe : dépassement de soi et de ses difficultés. Je suis plus mitigée sur l’espèce de paralysie de départ, et de devoir trouver sa voie : apprivoiser le groupe et les autres, leur mode d’expression et trouver le sien propre. Et malgré ça, y’a un cadre, pour l’école, et aussi pour se lâcher sans cet exercice, entre la maîtrise et le lâcher-prise. »

« Je suis en train de préparer un cours là dessus, donc ça m’a donné des idées pour travailler le paraverbal, l’intimité, le rythme. Et je pense que c’est pas mal aussi pour travailler la réunion, la prise de parole dans la réunion. C’était très agréable quand on chantait de dos. Y’a eu beaucoup de variété, quand tu as poussé la voix, le rythme. Ce moment tout doux quand on a terminé, chacun trouvait son style personnel et s’enrichissait des propositions des autres. »

« La peur de pas trouver sa place et sa voix… on l’a quand même trouvée. Le dépassement de la difficulté permet de trouver sa place au sein du groupe. Le rapport à l’objectif qui est la construction de soi, c’et bien efficace ! »

« Et si on reprenait tous ensemble une même chanson inventée ? … moi qui savait pas du tout quoi faire, hé ben c’était pas spontané, j’arrivais pas à savoir quels sons il fallait sortir de ma bouche, j’ai fait « nanana », hé ben j’ai copié la chanson, j’ai pas forcément apporté quelque chose d’autre… et donc ça bloquait un peu avant d’arriver aux « nanana », après avoir échauffé mon corps, ma voix, pendant vingt minutes. Il faut avoir des plans de secours, aussi ! »

« Je me pose quand même une question pour la transposition de l’exercice avec des élèves, s’il y en a qui sont encore plus bloqués que je ne le suis… on fait des petits groupes, on ne se limite pas au jazz, on donne des instruments possibles, rythmiques, et que le but soit une production musicale de groupe. »

« Tu as peur que ça devienne un chaos ? » / « C’est une question que je me pose : je ne maîtrise pas les codes. Je ne pense pas que le jazz ça soit le plus proche d’eux, ça peut faire un blocage. faut trouver un autre style, en se rapportant plus à leurs styles musicaux, le rap, le free style, qui ont aussi de l’improvisation.» / « Je me demande dans quelle mesure l’enseignant doit maîtriser le langage en question… » / « Il faut se former, pour se rapprocher d’eux, de leurs goûts musicaux. »

« Une chose qui m’a vraiment marqué : on n’est pas là pour avoir honte de ce qu’on fait, on est là pour continuer. Donner aux élèves l’envie d’aller au bout, de finaliser quelque chose. je trouve que c’est un atout de cet exercice. Et peut-être dégager des émotions, raconter une histoire, avec des onomatopées, parce qu’en fait le jazz raconte une histoire, et même l’impro cherche à raconter quelque chose. »

« Peut-être qu’avec l’idée de leur donner des instruments divers, on évite le chaos, comme dans Pierre et le loup, chaque instrument fait un personnage. »

« Et ça pose la question de la production, qu’est-ce qu’une production ? Et apporter des oeuvres, des choses pour les stimuler un peu, le déclic, venir avec des pièces musicales . »

« Le jazz, c’est une musique qui boite, qu’on fait en boitant. »

… voila bien des écueils dénoncés, et des conseils et variantes à expérimenter bientôt en classe ou en animation !

Et pour finir, afin d’imaginer comment un homme né en 1912 pouvait entrer dans un jeu de mime sur un enregistrement de jazz dialogué, voyez Hugues Panassié épanouis et assis : pour une peu, n’y aurait-il pas là une gestuelle à recherche en classe ?

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