[Communication]
Action de faire part, faire partager, transmettre, être en rapport, relier, informer, influencer… Mot extrêmement polysémique (c’est peut être pour cela qu’il est beaucoup utilisé). Derrière son usage se cache une nébuleuse de sens qui peuvent se définir par rapport :
- à une technique (les voies de communication…) ;
- à un support (écrit, audiovisuel..) ;
- à un objectif (publicité, formation,…) ;
- à un mode (verbal, non-verbal,..);
- à la proportion quantitative (émetteur, récepteur) ;
- à l’institution ;
- aux relations sociales (démocratie…)
- ou psychologiques (thérapie, analyse…) etc.
Ce que dit le dictionnaire. C’est un terme qui est donc en lui-même source de malentendu, d’interprétation, de conflit… et paradoxalement d’incommunication ! D’où les quelques définitions ci-dessous, à discuter : La communication est un acte, l’information son produit. Pour définir la communication, la notion de feed-back ne suffit pas (il y a des formes de feed-back dans l’information). Pour qu’il y ait communication il faut qu’il y ait altération. C’est-à-dire modification, ré-appropriation, et il ne peut y avoir de ré-appropriation, sans déformation, contrairement à l’information. La véritable communication est donc toujours conflictuelle. Communiquer, c’est interagir. Il importe de se dégager d’une conception de la communication conçue comme uni-quement transport, transfert ou trans d’informations. Communiquer, c’est être présent à la fois à sa propre subjec-tivité et à la subjectivité de l’autre. C’est se percevoir et percevoir l’autre comme sujet dans une situation de rencontre, de relation. C’est l’intersubjectivité de la situation qui rend la communication possible. Il se pourrait que communiquer consiste moins à rayonner librement qu’à lutter darwiniennement contre les ondes ou les messages adverses : toute communication est polémique, et doit frayer par force ou par ruse son chemin dans un milieu déjà encombré. Les trois dimensions de la communication sont : technique, culturelle, sociale. Quant aux conditions d’efficacité de la communication elles sont : WOLTON Dominique – 1997 Voir aussi le glossaire de D.Wolton La communication, cela sert d’abord la guerre ; la com-munication, cela sert à promouvoir le progrès ; la communi-cation, c’est aussi la culture. Cette dimension n’a pas été le souci majeur des théories et des stratégies de la communica-tion internationale. Le recentrage sur la culture est récent (les années 80) et s’opère à mesure qu’entraient en crise les modèles centralisés de gestion culturelle de l’Etat-nation-providence. L’espace communicationnel que nous connaissons s’est constitué historiquement dans un entrelacs de concepts qui se sont tissés entre ces trois domaines. Tout acte de communication ne peut être observé qu’en partant de l’articulation de deux composantes relationnelles dont l’interpénétration est constante : SOULAGES Jean-Claude – 1999 Communication qui prend appui sur un support technique qu’elle soit individuelle (téléphone, lettre…) ou collective (tracts, affiche…). Les grands médias constituent un aspect principal de la communication médiatisée mais non exclusivement. La communication médiatique se joue dans une dialectique démocratie et aliénation : La lutte pour la liberté de la presse et de la communication a toujours été une lutte pour la démocratie. Mais dans le même temps elle comprend une dimension marchande et idéologique (propagande et culture moyenne). La communication médiatique est soumise à des enjeux contradictoires : économiques (industrie culturelle soumis au marché de la concurrence ; une culture de flot ; un double marché : celui de l’information et celui de la publicité) et symboliques (enjeux de représentation par des discours qui construisent nos représentations mentales ; enjeux socioculturels par l’organisation de systèmes de valeurs et de croyances ; enjeux politiques par l’organisation du débat public.) Les impératifs de captation sont aussi dialectiquement opposés entre sérieux et divertissements. Ce qui construit le discours informatif sur l’opposition crédibilité/séduction. BOYER Henri et LOCHARD Guy – 1998
ESCARPIT Robert – 1991
ARDOINO Jacques -1987
BELISLE Claire – 1991
BOUGNOUX Daniel – 1991
MATTELART Armand – 1999