Référentiels professionnels de l’enseignant-animateur

Les fonctions d’enseignant animateur d’éducation socio-culturelle dans les établissements relevant du Ministère de l’Agriculture sont régies par des textes :

1°, elles sont actuellement fixées et connectées en termes de connaissances et de compétences par le référentiel professionnel, spécifié pour l’ESC par une nouvelle note de service 2025-446 du 10 juillet 2025 qui réaffirme les trois grands objectifs ou domaines de compétence de l’ESC :

  • éducation aux enjeux sociaux et culturels,
  • éducation artistique,
  • éducation à la communication humaine, à l’autonomie et à la coopération.

Ces objectifs doivent être déclinés à travers l’enseignement et l’animation (note de service 2025-446 du 7 juillet 2025) :

<< Les enseignants d’ESC remplissent deux missions, indissociables, qui concourent conjointement à la poursuite des trois objectifs éducatifs mentionnés en préambule :
● Une mission d’enseignement, au sein d’un établissement public d’enseignement agricole, déterminée par les référentiels de diplômes et les politiques publiques nationales.
● Une mission d’animation qui s’inscrit avant tout dans le contexte local de l’établissement public d’enseignement agricole et de son territoire.
Ces deux missions s’inscrivent dans le cadre des six missions de l’enseignement agricole.
Les enseignants animateurs d’ESC conduisent leurs deux missions avec une égale exigence, en recherchant des démarches éducatives et des projets favorisant les synergies entre elles deux. >>

Cette note de service 2025-446 du 10 juillet 2025 précise les contours, attendus et modalités relatifs à l’exercice de la mission d’animation.

Elle notifie aussi des éléments de posture professionnelle :

<< L’identité de l’ESC et les compétences requises impliquent des postures spécifiques attendues des enseignants d’ESC lors de la mise en œuvre des deux missions d’enseignement et d’animation. […] Ces postures professionnelles constituent le socle de l’action éducative en ESC : elles
créent les conditions d’un engagement authentique des jeunes, d’une dynamique collective
porteuse de sens et d’un développement professionnel continu pour les enseignants-animateurs.>>

Posture d’écoute et de valorisation des apprenants Posture d’accompagnement et de stimulation des initiatives Posture réflexive et d’autoformation continue
○ Accueillir les idées et envies des jeunes avec écoute active et bienveillance,
en tenant compte de leurs rythmes et de leurs langages.
○ Partir des centres d’intérêt des apprenants pour susciter la participation et
ancrer les projets/activités dans leur réalité socioculturelle.
○ Reconnaître et valoriser les compétences, savoir-faire et initiatives
développés dans le cadre des projets.
○ Créer un cadre de communication constructif et sûr lors des débats sur des
questions à enjeux de société.

○ Accompagner les jeunes sans se substituer à eux : soutenir leurs initiatives sans prendre la main sur leurs projets ni leurs décisions.
○ Encourager à formuler, préciser, explorer, tester des idées dans un cadre sécurisant, en guidant leur progression sans imposer une finalité prédéfinie.
○ Favoriser l’apprentissage par l’expérience : encourager la prise d’autonomie et de responsabilités, notamment via l’engagement associatif.
○ Se rendre présent et disponible aux côtés des apprenants en tant qu’adulte de confiance référent.
○ Faciliter le passage de l’envie à l’action, par étapes : aider à structurer les projets, à fédérer d’autres jeunes autour d’une idée et à faire grandir
progressivement une ambition collective.
○ Renforcer le pouvoir d’agir des jeunes en leur donnant les moyens d’influer sur leur environnement et de faire entendre leur voix dans les instances collectives, locales, régionales ou nationales. 

○ Encourager la prise de recul sur son propre vécu professionnel, en animant
entre collègues des temps de bilan, de retour sur expérience et de
valorisation collective.
○ Alimenter sa réflexion sur les enjeux de société (démocratie, transitions
écologiques, citoyenneté, inclusion, etc.) afin de mieux accompagner les
débats et projets portant sur ces sujets.
○ S’auto-évaluer régulièrement dans sa posture d’enseignant-animateur et identifier ses besoins de formation ou d’accompagnement complémentaires. Chercher à actualiser en continu ses pratiques.

2°, d’une manière plus générale, le métier d’enseignant animateur d’ESC est cadré par deux arrêtés ministériels antérieurs :

L’article 1er de l’arrêté du 17 février 2016 dispose que :

« Les compétences que les professeurs et les personnels d’éducation de l’enseignement agricole doivent maîtriser pour l’exercice de leur métier sont les suivantes :
1° Compétences communes à tous les professeurs et les personnels d’éducation, compétences communes à tous les professeurs et compétences spécifiques aux conseillers principaux d’éducation définies à l’annexe de l’arrêté du 1er juillet 2013 susvisé ;
2° Compétences spécifiques liées à l’exercice du métier au sein de l’enseignement agricole définies à l’annexe du présent arrêté. »

Pour mémoire, dans cette annexe, sont précisées les compétences communes à tous les professeurs et personnels d’éducation de l’enseignement agricole ; celles spécifiques aux personnels d’éducation socio-culturelle ont été réécrites par l’arrêté du 13 juillet 2016.

L’arrêté du 17 février 2016 présente dans son annexe les compétences communes à tous les professeurs et personnels d’éducation de l’enseignement agricole :

« 15. – Inscrire son action dans le cadre des politiques publiques portées par le ministère chargé de l’agriculture
Situer les champs d’action du ministère et leur diversité (agriculture, agroalimentaire, alimentation, forêt et bois, aménagements des espaces, services en milieu rural).
Suivre les évolutions des politiques publiques et leur support législatif.
Prendre en compte les évolutions des métiers et contribuer à l’accompagnement du changement.
Intégrer les enjeux liés aux politiques du ministère chargé de l’agriculture dans les pratiques de formation et d’éducation.
16. – S’impliquer dans la mise en œuvre des différentes missions de l’enseignement agricole
Inscrire son action dans le cadre des principes fondamentaux et dans la réglementation de l’enseignement agricole.
Élargir l’activité professionnelle, dans le cadre des missions de l’enseignement agricole, au-delà de la formation et de l’insertion scolaire, sociale et professionnelle des apprenants.
Participer à l’élaboration et à la réalisation d’échanges interculturels, d’actions de formation, d’animation ou de développement en relation avec des partenaires de l’Union européenne ou de pays tiers.
Prendre en compte les besoins et projets du territoire (techniques, professionnels, économiques, culturels et socioculturels, sportifs, etc.) et participer à leur animation et leur développement.
Contribuer à des actions de développement, d’expérimentation ou d’innovation mobilisant en particulier l’exploitation agricole ou l’atelier technologique de l’établissement.
17. – S’insérer dans un enseignement général, technologique et professionnel
Prendre en compte la sociologie des apprenants de l’enseignement agricole dans ses pratiques.
Identifier le périmètre des métiers et des emplois, les différents champs professionnels et les diverses voies de formation.
Situer sa pratique professionnelle relativement aux caractéristiques des publics, scolaires, étudiants, apprentis et adultes dans les établissements.
Développer des pratiques pédagogiques actives et collectives (pluridisciplinarité, pédagogie de projet…).
Favoriser la promotion sociale des apprenants de l’enseignement agricole dans leur diversité par la proposition de parcours promotionnels.
18. – Mettre en œuvre ses missions dans le cadre de l’établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA)
Identifier le contexte professionnel et territorial pour l’exercice du métier.
Collaborer dans un collectif de travail inscrit dans une structure et un fonctionnement s’appuyant sur différents centres constitutifs.
Intégrer son activité dans le cadre du projet d’établissement.
Valoriser le potentiel pédagogique et éducatif du centre « exploitation agricole » (EA) ou « atelier technologique » (AT).
Coopérer avec les différents partenaires de l’EPLEFPA : familles, acteurs et réseaux du territoire. »

L’arrêté du 13 juillet 2016 présente dans son annexe les compétences propres aux professeurs d’éducation socioculturelle (ESC) :

« Les professeurs d’ESC exercent leur activité dans l’établissement au croisement d’une équipe pédagogique et éducative.

Ils exercent leurs missions, d’une part, dans le cadre des référentiels de diplôme, d’autre part, dans le cadre d’un projet d’animation et de développement culturel.

L’ensemble de ces activités se structure autour de trois grands objectifs : l’éducation à l’environnement social et culturel, l’éducation artistique, l’éducation à la communication humaine, à l’autonomie et à la coopération.

Outre les compétences qu’ils partagent avec l’ensemble des professeurs, ils maîtrisent les compétences spécifiques ci-après :

F1. Maîtriser les connaissances et les compétences dans les domaines des sciences humaines et sociales, des médias, de l’éducation artistique et de l’animation
Identifier les enjeux en matière de culture, de rapport à la nature et d’apprentissage de la citoyenneté.
Pratiquer une approche critique des médias et des réseaux sociaux.
Appréhender les questions sociétales contemporaines par la réflexion et le débat.
Etre ouvert aux différentes formes d’expression et de communication pour développer l’imaginaire, l’approche sensible, le jugement et la créativité des apprenants dans le cadre de l’éducation artistique.
Appréhender les processus de communication par la réalisation de projets impliquant des pratiques sociales et d’animation.
Maîtriser les méthodes de l’éducation nouvelle (pédagogie active, constructiviste, pédagogie de/du projet) et des pratiques collectives

F2. Conduire un projet d’animation et de développement culturel au bénéfice des apprenants et de l’ensemble de l’établissement en coopération avec l’équipe pédagogique et éducative
Réaliser un diagnostic de la situation de l’animation et de la vie culturelle dans l’établissement.
Elaborer et mettre en œuvre le projet d’animation et de développement culturel en lien avec le projet d’établissement.
Conduire des activités d’animation et notamment un atelier d’expression artistique ou culturelle.
Concevoir et mettre en œuvre des projets culturels éducatifs en assurant la synergie entre activités d’enseignement et activités d’animation.

F3. Accompagner la politique d’animation et de développement culturel au sein de l’établissement et en lien avec le territoire
Travailler en synergie avec les autres membres de l’équipe pédagogique et éducative, les acteurs du territoire et les apprenants.
Agir comme conseiller des jeunes en formation dans l’animation socioculturelle et l’accompagnement organisationnel, administratif et financier de l’Association des lycéens, étudiants, stagiaires et apprentis (ALESA) ainsi que dans l’aménagement du centre socioculturel.
Soutenir la vie associative de l’établissement en favorisant les activités et le rayonnement de l’association.
Concevoir, négocier, évaluer et communiquer les actions d’animation socioculturelle.
Participer aux réseaux d’action culturelle et se situer comme médiateur culturel avec les structures concernées dans le territoire.
Contribuer au développement et à l’animation culturelle du territoire. »

Ils s’articulent à une approche et à des pratiques qui sont toujours ancrées dans les quatre domaines de compétences de l’ESC (arrêté du 13 juillet 2016) :

  • les sciences humaines et sociales,
  • les médias,
  • l’éducation artistique
  • l’animation.

Mise à jour : 21/07/2025

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