La mission d’animation

 
 

« Le développement, ce n’est pas ce qu’on apporte, c’est ce qu’on fait éclore ». Edgard Pisani.

Contexte :

1°, la note de service 2025-446 du 10 juillet 2025, en fixant le référentiel professionnel de l’enseignant-animateur ESC, précise et légitime la mission d’animation dans toutes ses dimensions.

 L’ESC, c’est aussi l’animation, mission spécifique, qui doit tout comme l’enseignement s’inscrire dans le cadre des six missions de l’enseignement agricole.

La partie du temps de service dévolue à des activités d’animation, dite « tiers temps d’animation », établie selon la formule : (temps de service – heures d’enseignement) X 4/3, soit 8 heures d’activité pour un enseignant exerçant à temps complet. En contrepartie, seuls les deux-tiers de l’obligation de service s’exerce pour l’ESC en heures d’enseignement, soit 12 heures d’enseignement pour un enseignant exerçant à temps complet.

Le temps d’animation dévolu aux enseignants d’ESC doit pouvoir bénéficier à l’ensemble des apprenants d’un EPLEFPA, quels que soient leurs voies ou leurs niveaux de formation.

Développée en cohérence avec l’enseignement de ‘ESC et le PADC (projet d’animation et de développement culturel de l’établissement), elle vise à développer chez eux une conscience critique et citoyenne, en renforçant leur pouvoir d’agir et en favorisant leur épanouissement personnel. Ce processus de formation va au-delà des savoirs académiques et met l’accent sur la participation active et conscientisée des apprenants dans les champs sociaux, culturels et professionnels. 

Temps en présence et temps hors présence des apprenants
Afin de garantir l’efficience de la mission d’animation, au moins la moitié du temps qui lui est dévolu par chaque enseignant, doit correspondre à des actions réalisées en présence des apprenants, avec une finalité éducative ou formative explicite. Ce temps en présence peut prendre deux formes complémentaires :
● En face à face : par exemple dans le cadre d’un atelier de pratiques artistiques ou dans la formation à l’ALESA, dans une démarche d’éducation formelle.
● À leurs côtés : par exemple, l’animation de réunions d’élèves, la participation aux assemblées générales de l’ALESA, l’aide à l’animation du foyer socioculturel, l’accompagnement des sorties culturelles, l’accompagnement des élèves dans la gestion administrative et financière de leur association, etc.

Ateliers d’expressions artistiques et culturelles
Chaque enseignant d’ESC est tenu d’animer au moins un atelier d’expression artistique ou culturelle, avec ou sans lien avec l’ALESA. Cet atelier peut prendre la forme d’une activité régulière ou d’un projet ponctuel, dans les domaines artistiques et culturels. Il peut être organisé soit de manière continue tout au long de l’année scolaire, soit sous la forme de plusieurs ateliers différents répartis sur l’année.
Les activités réalisées dans le cadre de ces ateliers doivent, autant que possible, être partagées ou diffusées au reste de la communauté éducative.
Les ateliers peuvent aussi s’inscrire dans le cadre d’un enseignement facultatif ou optionnel, sous la forme d’un atelier de pratiques sociales et culturelles ou, éventuellement, d’un atelier de pratiques professionnelles.
La participation des apprenants à ces ateliers se fait sur la base du volontariat et concerne idéalement des élèves de classes ou de filières différentes.

Accompagnement de l’association des lycéens, étudiants, stagiaires et apprentis (ALESA)
Dans le cadre de leur service d’animation, les enseignants d’ESC doivent s’impliquer dans l’accompagnement éducatif de l’ALESA. La chaire d’animation veille également à ce que tous les apprenants de l’EPLEFPA puissent participer à la dynamique de l’ALESA, quel que soit leur statut (élèves internes ou externes, apprentis du CFA, stagiaires de la formation continue…). 

La note de service 2025-446 apporte des évolutions dans sa partie Partie 3 : Outils de pilotage de l’animation
Car l’efficacité et la continuité de la politique d’animation culturelle au service de la formation et
de l’émancipation des apprenants nécessitent un cadre formalisé. Celui-ci comprend divers
outils de pilotage et de concertation à mobiliser par les équipes, sous la responsabilité du
directeur de l’EPLEFPA.

Retenons dans ces outils de pilotage :

3.1 : Projet d’Animation et de Développement Culturel (PADC) de l’établissement

Le Projet d’Animation et de Développement Culturel (PADC) est le document-cadre de la politique d’animation culturelle d’un EPLEFPA. Il est élaboré au service de la formation et de l’éducation des apprenants. Le PADC fixe le cadre global dans lequel s’exerce la mission d’animation des enseignants d’ESC, individuellement et en équipe.
Il constitue un élément du projet d’établissement de l’EPL. L’élaboration d’un PADC est obligatoire pour chaque établissement.
Il est construit en cohérence et en synergie avec le projet de vie scolaire de l’établissement. Le PADC procède d’une démarche participative et collective menée par les enseignants d’ESC en lien avec l’ensemble de la communauté éducative.

3.2 Fiche individuelle d’actions d’animation de chaque enseignant d’ESC

Il importe, pour chaque enseignant, de proposer une répartition précise de son temps d’animation dans une fiche individuelle annuelle et d’en faire un bilan. Cette fiche est élaborée par l’enseignant en tout début d’année scolaire à l’issue d’une concertation menée dans le cadre de la chaire d’animation. Elle comporte notamment :

  • Un bref exposé du contexte et des priorités locales  et des moyens à mobiliser ;
  • La liste des actions d’animation que l’enseignant prévoit de mener au cours de l’année scolaire, avec pour chacune une description, la période ou fréquence, le public visé et une estimation du volume horaire hebdomadaire que l’enseignant compte y consacrer (sur son temps d’animation).
    Elle est communiquée au directeur d’EPLEFPA et au directeur adjoint chargé de la formation initiale scolaire et doit être cohérente avec celle des autres enseignants-animateurs du site.
    En fin d’année scolaire un bilan des activités conduites sur l’année est rédigé par l’enseignant et communiqué à la direction.
    Un modèle de fiche est proposé en annexe 2 de la note de service 2025-446, il peut être adapté au contexte de chaque établissement.

3.3 Concertation et pilotage de la chaire d’animation

Trois modalités d’aides au pilotage sont fixées par la note de service 2025-446 :

  • Coordination de la chaire d’animation. Dans chaque site de l’EPLEFPA, lorsque la chaire d’animation (équipe d’enseignants d’ESC) compte au moins 3 enseignants d’ESC, un coordinateur de l’animation est proposé par les enseignants d’ESC et validé par le directeur d’EPLEFPA ou, à défaut, désigné par le directeur de l’EPLEFPA.
  • Commission d’animation. La commission d’animation se réunit sous l’autorité du directeur de l’EPLEFPA ou d’un directeur adjoint en charge de la formation initiale scolaire. Elle rassemble les acteurs concernés par l’animation de la vie scolaire et éducative : enseignants, personnels de vie scolaire, membres de la direction, représentants des élèves. Elle se réunit au minimum une fois par trimestre.
  • Moyens mis à disposition : des espaces et des temps dédiés à l’animation doivent être autant que possible sanctuarisés, dans l’esprit originel de la circulaire de 1965 qui définit la place de l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole. Foyer sociculturel avec salles spécialisées, anphithéâtre-auditorium, moyens de transport.

 

2°, l’arrêté du 17 février 2016 dispose que l’enseignant.e d’ESC ait, entre autres compétences, celles de :

  • Conduire un projet d’animation et de développement culturel au bénéfice des apprenants et de l’ensemble de l’établissement
    Réaliser un diagnostic de la situation de l’animation et de la vie culturelle dans l’établissement.
    Élaborer et mettre en œuvre le projet d’animation et de développement culturel en lien avec le projet d’établissement.
    Conduire des activités d’animation et notamment un atelier d’expression artistique ou culturelle.
    Concevoir et mettre en œuvre des projets culturels éducatifs en assurant la synergie entre activités d’enseignement et activités d’animation.
  •  – Accompagner la politique d’animation et de développement culturel au sein de l’établissement et en lien avec le territoire
    Travailler en synergie avec les autres membres de l’équipe pédagogique et éducative, les acteurs du territoire et les apprenants.
    Agir comme conseiller des jeunes en formation dans l’animation socioculturelle et l’accompagnement organisationnel, administratif et financier de l’Association des lycéens, étudiants, stagiaires et apprentis (ALESA) ainsi que dans l’aménagement du centre socioculturel.
    Soutenir la vie associative de l’établissement en favorisant les activités et le rayonnement de l’Association.
    Concevoir, négocier, évaluer et communiquer les actions d’animation socioculturelle.
    Participer aux réseaux d’action culturelle et se situer comme médiateur culturel avec les structures concernées dans le territoire.
    Contribuer au développement et à l’animation culturelle du territoire.

Vers une éthique de l’action d’animation ?
L’animation est une réalité professionnelle à construire : bien qu’elle soit partie intégrante du statut et des fonctions des enseignant.e.s d’ESC, elle dépend fortement du terrain où elle s’exerce. Les circulaires et le référentiel métier qui régissent cette partie du travail sont assez précis, cependant, en fonction des territoires, des histoires personnelles et des « cultures » d’établissement, la mise en œuvre de l’animation n’est pas une transposition, mais bien une construction.

animation

Dans chacun des 3 pôles où s’exercent les compétences de l’animat.eur.rice, les publics, et donc les intentions, diffèrent :

  • Dans le cadre de l’ALESA, il s’agit essentiellement d’un appui à la prise de responsabilité par les élèves pour accompagner l’administration de l’association ou bien encore de proposer des ateliers d’expression.
  • Dans le cadre de l’établissement, il s’agit de concevoir des actions s’adressant à l’ensemble des apprenants, de rendre possibles des parcours culturels, en lien avec les autres membres de l’équipe pédagogique.
  • Dans le cadre du territoire, il s’agit de mettre en relation des acteurs locaux de l’action culturelle, l’ALESA et l’établissement pour que les apprenants prennent part au développement local et que l’établissement contribue ainsi à sa mission d’animation.

La connaissance des publics, des partenaires et des terrains est indispensable, mais on ne peut pas attendre de tout connaître avant de commencer… Ces connaissances peuvent se construire au fur et à mesure de l’action d’animation, dès lors que l’animat.eur.rice aura posé clairement des intentions qui’il.elle saura faire évoluer, adapter. Pour faire simple : ce qu’il.elle souhaite que les jeunes développent (autonomie, capacité d’expression, …) mais aussi le
cadre de référence et de valeurs qui sous-tend son action : dans le cas de l’ESC, celui de l’éducation populaire.

Trois fonctions

Une situation d’animation implique que l’animateur remplisse trois fonctions :

  • susciter (être force de proposition : proposer des ouvertures, des rencontres, perturber l’ordre en place, déstabiliser),
  • solliciter (être force « de demande » : aller vers l’autre, demander une aide, impliquer l’autre),
  • accompagner (être force d’appui : maîtriser la méthodologie et l’accompagnement du projet, savoir orienter en fonction des besoins, maîtriser les règles de base de l’administration et de la gestion d’activités, mettre en relation, écouter).

Ces fonctions sont au service d’apprentissages que les élèves doivent faire. L’animat.eur.rice propose, organise, accompagne, de façon concrète, une mise en application, une démonstration, un prolongement des objectifs de formation inscrits dans les référentiels des 3 domaines de l’ESC.
Au-delà de l’élève, c’est bien la personne dans toutes ses dimensions ainsi que les enjeux liés à son développement qui sont l’objet même des missions d’animation. C’est pourquoi il apparaît central que l’animat.eur.rice participe de la co-construction d’un environnement (un contexte éducatif) propice au développement (le projet éducatif, la mobilisation de ressources, la gestion des groupes, la construction du collectif…) et à la nécessaire dialectique individuation/socialisation.
Enfin, le périmètre de l’action, c’est bien l’ensemble de l’EPL ou du site (voir référentiel), et les collaborations sont obligées avec toute une série d’acteurs participants de l’action éducative : équipe de direction, équipe vie scolaire (voir les circulaires et notes de service concernant la Vie de l’établissement), équipe pédagogique et personnels non-enseignants.

 

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